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Rubrique "Présentation" / Portrait du Webmestre / Petit Texte

Le Labyrinthe Du Parc Lejonquois"

1. Introduction

Le texte qui va suivre a été imaginé et rédigé par les élèves de la troisième année de la section Technique & Travaux de Bureau Comptabilité (T.D.B.C) de l'Institut Provinciale d'Enseignement Spécial (I.P.E.S devenu aujourd'hui C.P.E.S.M) de Ghlin, Mademoiselle Dominique DANNEAUX et Monsieur Stéphane VINCENT, avec l'aide de leur professeur de français, Madame Claudine RANDOUR.

Il se présente sous la forme d'un dialogue entre les deux auteurs.

2. Texte : Le Labyrinthe Du Jonquois

À l'internat, Dominique est arrivée ce matin et elle a retrouvé son copain de classe, Stéphane...

- "Bonjour Stéphane.".
- "Salut Dominique.".
- "T'as bien dormit?".
- "Pas du tout!".
- "Et pourquoi cela?".
- "C'est "Top Secret".".
- "Oh là là! Mais qu'est-ce que c'est... Cette bouteille pendue à ton cou?".
- "Le mystère restera entier!".
- "Aller, raconte!!! Dit donc, tu t'es parfumé ce matin!".
- "Non, je ne me suis pas parfumé, mais j'ai fait un petit tour au parc Lejonquois, cette nuit. Surtout, n'en parle pas.".
- "Au jonquois! dis donc, tu n'as rencontré personne, au Jonquois.".
- "Eh bien ... Une personne ..... Pas vraiment. Mais pourquoi dis-tu cela?".
- "Parce que moi, il m'est arrivé des choses étranges au parc du Jonquois, et je ne suis pas prête à y remettre les pieds!".
- "Tu m'intéresse, raconte.".
- "C'était un peu après le congé de Toussaint. Je rentrais de l'école. En longeant le parc, je n'ai pas pu résisté à l'envie de franchir cette vieille grille toute délabrée. Il commençait à faire sombre, mais, grâce à la pleine lune, j'apercevais le château inhabité au fond du parc. Je me suis avancée, prudemment, en évitant les ronces. Au-dessus de moi, les branches des vieux arbres s'entremélaient. Et les feuilles mortes chuchotaient à chacun de mes pas. Brr! J'aurais bien fait demi-tour. Mais j'aimais bien cette sensation bizarre. Je me suis assise au pied d'un arbre et j'ai écouté le silence, en rêvant à mon chanteur préféré. Deux chouettes se sont mises à papoter. Insensiblement, j'ai dû m'endormir car le château, soudain s'est relevé de ses ruines. Le vent à balayer les feuilles mortes. Les ronces ont fait place à des massifs de fleurs, audorante et toute illuminées. Et la grille s'est remise sur ses gonds. Alors, j'ai vu arrivé un homme, très grand, très maigre. Il a poussé la grille et s'est dirigé vers le château... De longs cheveux blancs tombaient sur ses épaules. D'une main osseuse et pâle, il a frappé à la porte. Une femme habillée de noir a ouvert. Sa voix était cassante, ses traits durs, et son nez particulièrement long. Tout à coup, l'homme a sorti de sa poche, une seringue énorme et l'a plantée dans le bras de la dame. Elle s'est écroulée en poussant un cri atroce. Le cri s'affaiblissait, et la dame disparaissait. Je ne pouvais y croire. Lui, il s'est précipité dans le château. Très vite, il en ai sorti en maugréant, il a descendu les marches et a franchi une petite porte dicimulée sous le perron, en disant: "Le voilà, ce passage secret qui me conduira à la pierre philosophale!". Après, tout s'est brouillé devant mes yeux, et du sol où j'étais assise, il est monté un tambourinement qui m'a arrachée de mon rêve. J'étais terrorisée et je me suis enfuie jusqu'à la grille.".
- "Quelle histoire. Mais dis-moi, qu'est-ce que c'est "la pierre philosophale"?".
- "Je ne savais pas, figure-toi. Mais en rentrant, j'ai cherché au dictionnaire: c'est une pierre capable de transformer le plomb en or.".
- "Sans blague! Et tu crois qu'elle existe, cette pierre?".
- "Peut-être! En tout cas, je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Mais toi, qu'est-ce qui t'est arrivé au Jonquois?".
- "Eh bien... Hier soir, je m'étais disputé avec Sébastien, mon meilleur copain de l'internat. En allant au lit, j'avais le cafard et j'ai décidé d'aller me balader dans le parc voisin. Je connais bien cet endroit, j'y vais parfois avec les copains. J'ai pris ma canne blanche et je me suis glissé en douce hors du dortoir. Je suis entré dans le parc par un endroit où la clôture est cassée et je me suis dirigé vers les ruines. Il faisait très doux. Parfois, les ronces s'agrifaient à mon pantalon et les branches me brossaient les cheveux.".
- "Et tu n'avais pas peur?".
- "Tu me connais, je ne suis pas un froussard. Pourtant, tout à coup, mon pied a glissé entre deux grosses racines et je me suis enfoncé dans un trou jusqu'au genoux. Alors, bizarrement, j'ai commencé à m'engourdir... Ca sentait l'éther, le canfre, ou plutôt l'eucaliptus. J'avais des picotements partout. Puis, je me suis senti léger, soulevé de terre. Et j'ai repris mes esprits, adossé à un très gros arbre. Du tronc de cet arbre, il est sorti une voix grave assourdie. Et cette voix étrange a dit: "Ecoute mon histoire, joli garçon. Il y a très longtemps, j'arrivai, affamé, en haillons, aux grilles de ce domaine. La maîtresse m'engagea pour travailler. Je crus d'abord que c'était par compation, mais après quelques jours, je compris que j'étais devenu son esclave. J'étais seul pour tout faire: jardinier, bûcheron, palefrenier, domestique, cuisinier... De plus, c'était bien le pire, elle n'était jamais satisfaite. Dans ses colères, elle allait jusqu'à me fouetter. Elle me nourrissait moins bien que les chiens. Et pour prendre un peu de repos, je devais me cacher au fond de ses écuries, où ses chiens féroces venaient me déloger. Je commençais à regretter ma vie errante mais il était impossible de fuir. Ses molosques, bien dressé, me surveillaient sans cesse. Un jour, n'y tenant plus, j'empoisonnai les chiens. Aussitôt, utilisant ses pouvoirs maléfiques, elle fit de moi un spectre, contaminé à vivre éternellement prisonnier de cet arbre.". Abasourdi, j'avais écouté son histoire, sans rien dire, mais ma première question a été pour demander si la sorcière était toujours là.".
- "Elle n'y était plus, j'espère.".
- "D'après le fantôme, elle aurait disparu quelques années après, et il a ajouté: "Mais moi, je suis encore ici, à m'ennuyer, depuis des siècles.".".
- "C'est peut-être elle que l'alchimiste a tuer.".
- "Sans doute. Mais voici l'épisode le plus excitant.".
- "Quoi?".
- "Il m'a demandé de l'aider à rompre le sortilège.".
- "As-tu accepté?".
- "Biensûr! d'ailleurs il a réussi à me convaincre. Le remaide devait être dans le laboratoire de la sorcière. Mais, pour y arriver, il fallait franchir un dédale de souterrains fort bas. Et sans lumière. Bref, il fallait être agile, maigre, et... malin. Exactement comme moi!".
- "Arrête de te venter!".
- "Aller, on continue. M'a-t-il dit n'oublie pas?".
- "Es-tu déjà aller sous terre! ... sans te perdre.".
- "Oui, puisque je suis là à te parler. Cependant pour ne pas me perdre, il était indispensable de marquer ma piste, comme le petit poucet. Je me suis frotté les yeux, comme à l'habitude, et j'ai trouvé. Le long du tronc de mon arbre parlant, je grimpai à un chèvrefeuille en fleur. Il embomait. Avec mon canif, j'ai coupé plusieurs de ses lianes, je les ai enroulées autour de mon cou et, canne en main, je me suis dirigé vers le perron qu'il m'avait indiqué.".
- "C'est par-là que le grand bonhomme a disparu dans mon rêve.".
- "J'ai dégagé le lier qui couvrait la porte. Et je l'ai poussée. Une bouffée d'odeurs de moisissures m'a d'abord fait reculé. Puis, j'ai tâté l'entrée du souterrain, du bout de ma canne. C'était tout petit. La sorcière devait être sans doute transformée en rat pour y entrer! alors j'ai replié ma canne, et je me suis introduit dans ce boyau de pierre. Il y faisait humide et froid. Sous mes genoux, c'était de la terre, argileuse et collante. J'ai progressé, en déposant parci parlà une fleur de chèvrefeuille. Son feuillage bruissait à mes oreilles, en frottant les parois humides et froides. Devant moi, c'était le silence complet. Après plusieurs mètres, le conduit se divisait. Sans hésiter, j'ai pris la voie de droite. Un peu plus loin: une nouvelle fourche. J'ai de nouveau prit à droite mais très vite je me suis aperçus que c'était un cu de sac. J'ai fais demi-tour jusqu'à l'embranchement, sans oublier de récupérer mes fleurs.".
- "A ta place, je ne serais même pas entrée dans ce souterrain!".
- "J'ai exploré ainsi pendant près de deux heures. Mes genoux me faisaient mal et je commençais à être fatigué. Parfois mes mains glissaient dans la boue et des gouttes de sueur roulaient sur mes tempes. Je me suis arrêté un moment et je me suis assis. Dans ma tête, l'image du labyrinthe s'était construite peu à peu, mais elle était si compliquée que je commençais à me découragé. Je frissonnais. L'humidité perçait ma chemise. Il vallait mieux progresser encore plutôt que de me demander ce que je faisais là. Un peu après, le souterrain semblait prolongé sur plusieurs mètres et j'ai crus que j'étais au fond d'un puit. Aucune issue! Je n'avais plus qu'à faire demi-tour. Je commençais sérieusement à douter de la bonne foi de mon fantôme! Je me sentais las et fatiguer. C'est alors, je me suis aperçus que je n'étais pas assis sur de la terre. C'était tiède et sec: du bois! Une trappe en bois! Enfin! Je n'ai pas eu grand mal à la faire glisser. Par-dessous, c'était un trou.".
- "Et qu'est-ce qu'il y avait dans ce trou?".
- "J'ai tâté, avec ma canne.Elle n'a rien touché: c'était le vide.".
- "C'était un puit?".
- "Non, j'ai supposé que c'était la caverne et que j'arrivais par le fond.".
- "Et tu es descendu? Comment as-tu fais pour ne pas te rompre les os.".
- "Astuce, ma chère! J'avais autour du coup tout ce qu'il fallait... Avec les lianes du chèvre-feuille, j'ai tressé une corde que j'ai attachée à la trappe. Et je suis arrivé, devine où... Dans le laboratoire de la sorcière.".
- "Hein!".
- "J'étais ravi d'arriver en bas! Je pouvais enfin me tenir debout et m'étirer, pour chasser mes courbatures! En passant mes mains sur les murs, j'ai fais le tour de la caverne. Elle était pleine de recoins, comme une immense pièce de puzzle. Les murs étaient en pierres grossièrement taillées, mais parfois c'était des briques, surtout autour des niches qui s'alignaient sur trois rangs, à hauteur de mes épaules. Chacune abritait un flacon de verre. Il y en avait des centaines. Lequel choisir pour rompre le charme? J'ai débouché quelques fioles et j'ai flairé. Dans la première, j'ai reconnu l'essence de térébenthine, parce qu'on a repeint ma chambre la semaine passée. Dans la seconde, des petits grains laissaient s'envoler des effluves délicieusement parfumées. Du troisième, s'est échappé une odeur d'oeuf pourrit,je l'ai refermée tout de suite. De la suivante est sortie une bouffée de jambon fumé qui m'a donné faim. Dans la cinquième, des roses devaient massérées depuis longtemps: c'était presque écoeurant. Puis, patatra! Voilà que j'accroche un carafon qui éclate en arrivant au sol. Aussitôt, un nuage suffocant attaque mes narines et, d'urgence, je dois sortir mon mouchoir. De l'ammoniaque! ... à réveiller un mort.".
- "Ah! je sais, c'est épouvantable.".
- "Oui, mais c'est pas tout!!! Et pour la première fois, j'ai eu peur. Je me croyais tout seul. Mais du silence est montée une voix rauque, comme male-réveillée. "Que cherches-tu? N'ai pas peur, petit. Qui t'envoie?". J'ai raconté l'histoire de mon fantôme. Il a ricané mais pour rompre le sortilège de la sorcière, il m'a donné ce flacon qui pend à mon cou. En échange, j'ai promis de l'aider à sortir du labyrinthe.".

- "C'est l'homme qui cherchait la pierre philosophale, peut-être?".
- "Oui, je crois bien. Mais il n'a répondu à aucune de mes questions. Alors nous avons quitté la salle souterraine, et de fleur en fleur, nous sommes revenus. J'étais affamé et j'avais hâte de retrouver mes copains. J'allais si vite que parfois, il me demandait de ralentir, pour se reposer ou se décoincer. Il était assez maigre pour passer mais un peu long. Enfin, j'ai deviné les parfums du sous-bois: la sève des jeunes pousses, des églentines en fleur. J'ai entendu le bruissement des feuilles bercées par le vent. Et puis, j'ai entrevu la douce luminosité du matin. J'étais content. Mon passager s'est éclipsé aussitôt arriver au jour. Sans un mot! J'ai appelé mon fantôme mais il ne m'a pas répondu. Je me suis demandé si je n'avais pas rêvé tout cela. Mais à mon cou, j'ai bien toucher la petite fiole de verre.".
- "Moi non plus, alors!! Je n'ai pas rêvé! Qu'est-ce que tu vas faire de cette petite bouteille?".
- "Ce soir, je retournerai au parc. Tu peux venir avec moi si tu le veux.".
- "Oh! non, je ferai peur à ton spectre.".
- "Hahaha! Avoue plutôt que tu as peur.".
- "Mais non je n'ai pas peur.".
- "Mais si, mais si!".

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